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L'Europe des peuples nous appelle

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Zéro chômage

Objectif « zéro chômage » : pour une société du partage

Les dogmes libéraux pilotent la politique économique des gouvernements depuis des dé­cennies. La baisse du « coût du travail » (salaires + cotisations sociales), la compétitivité avant tout antisociale, la baisse des dépenses publiques et sociales ou la réduction des déficits et dettes publics obsèdent nos dirigeants. Le capitalisme est de moins en moins de développement. Sa cohérence faite de financiarisation et de domination à tous les niveaux nourrit les catastrophes. Une nouvelle crise se rapproche. Il faut en sortir.

Changer le logiciel consiste à partir des besoins communs, des savoirs et de leur partage, et à y soumettre les moyens financiers gigantesques qui existent dans le monde.

C’est inscrire comme objectif le droit au travail pour toutes et tous, mais aussi à la formation, à de nouvelles activités sociales libérées du salariat ou encore à des activités citoyennes rassemblées.

Autour de propositions comme la sécurité emploi-formation qui comprend la réduction massive du temps de travail et la transformation du travail lui-même, de grandes batailles sont à mener sur le coût du capital et le rôle des banques ou encore le développement de tous les services publics et de la Sécurité sociale.

Réorientation du système bancaire, droits nouveaux aux travailleuses et aux travailleurs et création d’un grand service public national de la formation continue pour anticiper les besoins et développer les nouveaux métiers liés aux défis de la révolution informationnelle, de la transition énergétique seront décisifs pour la promotion d’un nouveau contrat social incluant mutualisation, coopération et partage

La voie de l’efficacité pour atteindre l’objectif « zéro chômage » c’est donner priorité à l’éducation, à la mise en commun contre la privatisation, au développement humain durable contre le productivisme capitaliste, à l’autonomie et la sécurisation des parcours de vie des jeunes contre l’exclusion et la précarisation, aux services publics contre la marchandisation démesurée.

1 Une place centrale au travail, à l’emploi, à l’éducation et la for­mation, à la recherche et à la culture

Les valeurs de la République jusque dans l’entreprise

Pour dépasser le travail contraint, méprisé et dévalorisé, celles et ceux qui, par leur travail, créent les richesses doivent pouvoir prendre en main leur avenir.

En mettant en commun leur intelligence collective, elles et ils doivent pouvoir être les ac­trices et les acteurs de la transformation sociale. L’organisation du travail ne peut plus être l’apanage des seuls experts des cabinets-conseil en gestion des ressources humaines. Ceux-ci organisent en effet la concurrence et la compétition entre salarié-e-s sous la domination des directions financières et des actionnaires. Sujet politique majeur, source de production de toutes les richesses, il ne doit plus être considéré comme une marchandise dont il faut réduire le coût et user jusqu’à la corde pour accroître la rente des actionnaires. En répon­dant au défi de la révolution numérique, le travail peut devenir un facteur d’émancipation en permettant à chacune et chacun d’accroître sa créativité et son pouvoir d’intervention sur le développement de son activité, pour la mettre au service de la collectivité dans le cadre de la construction d’un développement humain durable.

Le droit de toutes et tous à un travail utile et reconnu

À la précarisation des emplois et la casse du droit du travail, alimentant un chômage de masse et une division des travailleurs entre ceux qui peuvent espérer s’en sortir et ceux qui se sentent abandonnés, nous opposons le droit de toutes et tous, sans discrimination, à un emploi et un travail qui ait un sens : un travail utile et reconnu, permettant de concilier vie professionnelle et vie personnelle, et inscrit dans le cadre d’un parcours professionnel choisi et sécurisé à toutes ses étapes.

L’entreprise n’est pas la propriété des seuls apporteurs de capitaux qui auraient de ce fait tous les pouvoirs. De nouveaux droits d’intervention des travailleuses et des travailleurs dans l’entreprise, dans l’organisation du travail en son sein, comme dans les choix de ges­tion et de production doivent être inscrits dans la loi qui doit définir l’entreprise comme collectif de travail.

Un effort d’éducation, de formation, de recherche et de création sans précédent...

Dans une société oùles savoirs et la création jouent un rôle de plus en plus important, l’édu­cation, la recherche et la culture sont au coeur de la lutte des classes.

Le capital a besoin de salarié-e-s plus formé-e-s, mais il veut empêcher le développement des pouvoirs nouveaux qui vont avec la maîtrise de savoirs complexes, avec le développe­ment de la créativité. Au nom de la rentabilité, la créativité et la recherche sont bridées et la société est divisée. Les systèmes d’enseignement et de recherche ont été profondément transformés : en cassant des services publics nationaux, en individualisant des parcours, en empêchant les qualifications communes et donc les revendications collectives, en frag­mentant les savoirs et les cultures, en soumettant la recherche aux intérêts privés, et en déqualifiant le travail intellectuel rendu invisible...

Au contraire, faire une place nouvelle des savoirs et de la création un outil d’émancipation individuelle et collective devient une priorité pour le développement même de toute la so­ciété.

Un effort d’éducation, de formation, de recherche et de création sans précédent est une des conditions majeures pour sortir de la crise, pour donner aux salarié-e-s une véritable maî­trise de leur travail, pour permettre à toutes les citoyennes et tous les citoyens de construire ensemble les choix qui engagent le pays et le monde.

Refonder l’école, l’université, la formation continue mais aussi l’éducation populaire et les politiques culturelles au service de l’égalité et de l’émancipation est une réponse à la né­cessaire élévation du niveau de connaissances et de qualification dans toute la société. Et l’appropriation par tous d’une culture commune de haut niveau, pour que chacun puisse maîtriser les choix individuels et collectifs

Cela implique d’investir dans les services publics nationaux, mais aussi de repenser les contenus, les pratiques et les temps de l’éducation et de la création, ainsi que la participa­tion des différents acteurs de la formation.

Pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

Les inégalités sont utilisées pour tirer les conditions de travail et les salaires vers le bas. Il est grand temps de revaloriser les métiers, et en particulier les métiers dits féminins. De plus, la double journée subie dans la vie quotidienne par des millions de femmes renforce l’exploitation capitaliste et la domination sexiste. Réduction du temps de travail à 32 heures, grilles salariales universelles ou polytechnicité des métiers ouvrent la voie.

Pour l’autonomie de la jeunesse

Les régressions dans les systèmes de formation ont des conséquences lourdes sur les représentations et les aspirations des jeunes. Elles impactent une génération entière, en moyenne plus qualifiée mais avec de moins en moins de droits. Tout cela conduit à un rapport de défiance et de distance avec les institutions et singulièrement dans le rapport à la politique et alimente les divisions d’autant plus que les forces réactionnaires ont fait des jeunes des cibles de leurs discours. L’absence de perspectives d’avenir sur des bases de progrès légitime cette distance et cet éclatement d’une génération qui n’a connu que la crise et ses dégâts sociaux. Mais le potentiel de contestation et de créativité des jeunes constitue une grande force. Au coeur des mobilisations sociales, environnementales, pour la paix en France ou ailleurs, elles et ils portent des expériences sociales innovantes souvent brimées et méprisées. Il faut donc voir grand et de façon neuve pour favoriser ces germes d’alternative au tout-marchand comme les logiques de partage avec les nouveaux outils numériques, et leur implication dans des luttes diversifiées. Mais l’urgence du moment est de faire face à la violence terrible qui est faite aux jeunes, travailler à leur autonomie et à un statut protecteur pour construire une logique sécurisée de parcours de vie.

Pour une société humaine de la culture

Place à de grandes ambitions pour la formation, pour l’ouverture au monde et la création ; construire du commun, de la coopération, des droits culturels de toutes et tous à un haut niveau d’exigence artistique ; créer un service public de l’Internet, permettre le libre partage des savoirs, des oeuvres et des idées ; promouvoir de formes nouvelles de production, de création et de diffusion de l’art dans la pluralité et la diversité des expressions.

Cela passe par les politiques culturelles, par les programmes scolaires et les pratiques édu­catives, par l’éducation populaire et les associations. Construire une culture commune de haut niveau et donner à toutes et tous les moyens de se l’approprier passent par revoir les programmes, par relancer la formation initiale et continue des enseignants, par renforcer la place des cultures artistiques, sportives, techniques et professionnelle.

Socialisation de l’art, développement de l’esprit critique, travail de rapprochement entre art et éducation populaire, soutien aux créatrices et créateurs ainsi qu’aux militantes et mili­tants de l’action culturelle et artistique : voilà de quoi donner du sens à l’immense potentiel émancipateur de la culture. Voilà qui est de nature à reconstruire un vivre-ensemble fondé sur un nouveau souffle de la démocratie, sur la reconnaissance et le partage des cultures diverses et leur mise en relation dans tous les territoires.

C’est vrai aussi du sport qui est un élément essentiel de tout projet d’émancipation humaine. L’action publique et le soutien aux initiatives citoyennes doivent permettre de libérer le sport de l’emprise marchande pour être un droit pour toutes et tous. L’éducation physique et sportive à l’école, la formation des cadres et des bénévoles, le soutien à la vie associative avec l’exigence désintéressée de partage et de démocratie sont la garantie de ce droit.

1.2 La révolution numérique : dans les mutations de notre époque, un vecteur d’émancipation humaine face à ceux qui en font un outil majeur du désastre pour l’emploi.

La révolution numérique ouvre de nouveaux possibles à l’humanité en permettant la coo­pération et du libre partage mondial des savoirs. Elle se développe dans une tension entre émancipation et aliénation. Les stratégies mondiales des grands groupes du numérique visent à exploiter et à privatiser la créativité de ceux qui font par en bas cette révolution alors qu’ils aspirent à un monde de partage et de « biens communs ».

L’ubérisation, c’est-à-dire le capitalisme de prédation et de plateforme numérique, veut casser le salariat. Dans le même temps, les défis de maîtrise sont décuplés par le fait que l’automatisation et la robotisation feraient disparaître d’ici à 20 ans 47 % des emplois sala­riés et des métiers actuels. Au profit du capital ou pour une émancipation des travailleurs ?

Le big data brouille la frontière entre le travailleur et le consommateur qui devient aussi producteur de valeur sans que son travail soit rémunéré. Les réseaux permettent coopéra­tion de millions d’intelligences humaines et mise en concurrence sauvage.

Le numérique pousse à la fin des hiérarchies, à l’auto organisation et au libre choix de son travail au sein de l’entreprise ; mais sans lutte sociale et politique, il débouche sur une dic­tature de la notation, de la réputation, du contrôle de tous par tous qui conforte le pouvoir du capital.

En exacerbant la contradiction capital-travail, la révolution numérique, pose de fait les questions du dépassement du salariat par une société de libres producteurs associés, de la remise en cause de la propriété privée, du fonctionnement et de la structure des entre­prises, des institutions et d’une démocratie renouvelée.

Le numérique est le champ de bataille d’une lutte de classe opposant capitalisme de plate­forme et prolétaires du digital alliés aux partisans d’une économie de la contribution fondée sur les communs, le partage et les services publics. Partout dans le monde, usagers-contri­buteurs et travailleuses/travailleurs s’unissent pour créer des plateformes participatives, des coopératives de données opérant avec des logiciels libres par opposition aux plate­formes capitalistes.

Cette lutte passe par les réseaux sociaux, les « class actions », la mise en cause de la répu­tation des plateformes, le développement de modèles alternatifs comme les « mutuelles de travail associé » qui offre un cadre de sécurité emploi-formation. Mais elle implique aussi un investissement politique de ces nouveaux espaces de socialisation que sont les tiers lieux : fablab, espaces de coworking, jardins et habitats partagés, « entreprises ouvertes »… C’est dans ces tiers lieux que s’imaginent et se créent d’autres formes de productions et d’échanges. Car de l’autre côté, dans les entreprises, les informations, comme celles incluses dans les brevets technologiques, sont monopolisées et servent à mettre en concurrence les peuples entre eux au service de l’accumulation du capital financier et matériel.

Au lieu d’un État incubateur de start-up, nous avons besoin d’un État partenaire, qui donne les moyens et crée les conditions pour l’autonomie sociale, économique et politique des plateformes coopératives et des tiers lieux afin de préserver le bien commun numérique et de l’élargir aux données personnelles.

Au moment oùles forces politiques et sociales se réclamant de la transformation sociale sont en difficulté, et oùnombre d’actrices et d’acteurs de la révolution numérique se récla­ment du partage, de la coopération et ont l’ambition de « prototyper »la société de demain en hackant celle d’aujourd’hui, il est nécessaire que ces deux mondes se rencontrent pour débattre, se confronter, lutter et construire ensemble.

1.3 Rien ne se fera sans faire reculer le coût du capital

Les intérêts bancaires, les dividendes des grands groupes industriels et financiers plombent tout : 309 milliards d’euros. Ce qu’ils appellent les « coûts du travail » :145 milliards d’euros de cotisations sociales patronales pourtant investis utilement pour la santé ou la consom­mation populaire.

Ces milliards sont disponibles mais totalement accaparés par les tenants de la loi de l’argent pour l’argent - et avec eux les forces politiques qui les soutiennent et mènent la guerre des idées.

Or, la révolution informationnelle autorise de nouvelles conceptions de la production, du travail, des échanges. La productivité a augmenté de façon considérable sans que les sa­laires ou la durée du travail en profitent car le but prioritaire des dominants est d’accroître les rendements financiers de leur capital et détruire les rivaux sur les marchés. Les énormes économies de travail permises par les technologies numériques servent avant tout à réduire les masses salariales et l’emploi, en freinant les débouchés de la production. Les politiques d’austérité exacerbent ainsi ces cercles vicieux en conduisant à la dépression. Notre pays s’enlise aussi car il est un pays de bas salaires : la revalorisation du pouvoir d’achat est une exigence autant sociale qu’utile économiquement.

Tout cela résulte de décisions politiques et d’institutions qui organisent les pouvoirs. On peut donc, dans les faits, s’attaquer à ces orientations et à cette incroyable concentration de richesses néfaste pour la société.

Pour engager une nouvelle efficacité sociale, les fonds des banques, les profits des entre­prises et les fonds publics doivent être utilisés autrement : pour des dépenses de forma­tion, de développement social (services publics) et d’investissements efficaces (porteurs d’emplois accrus et améliorés). La maîtrise populaire du crédit bancaire est une « nouvelle frontière ».

Le crédit doit être considéré commun bien commun adossé à un pôle public bancaire. Sa finalité serait d’encourager l’essor de l’emploi et de la formation, les progrès sociaux et écologique.

Réformer en profondeur la fiscalité devrait pousser les entreprises à financer des investisse­ments porteurs de créations d’emplois et de formations correctement rémunérés. Le fond de cette réforme serait de pénaliser la distribution de bénéfices sous forme de dividendes contre l’emploi et la croissance réelle ou contre l’environnement.

Décentraliser l’impôt local sur le capital matériel des entreprises, mettre à contribution leur capital financier, ou encore réformer l’ISF et l’Impôt sur le revenu pour les rendre plus progressifs, instaurer un taux zéro de TVA pour les produits de première nécessité seraient des mesures à la fois justes et efficaces. De nouvelles cotisations sociales devraient être instaurées pour contribuer au financement de la sécurité emploi-formation. Enfin, diminuer fortement le temps de travail, permettre à chacun-e de passer beaucoup plus de temps, tout le long de sa vie active, à se former, se cultiver, développer ses capacités, vivre sa vie sociale et familiale offrirait une formidable vitalité à toute la société.

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